C'était une rencontre attendue, six mois après la Coupe du Monde de Rugby Féminin. Un nouveau choc France v Irlande, cette fois à Toulouse, devant 9 000 spectateurs et un prime-time sur France 4. Il est vrai que l'équipe de France féminine partait avec un sérieux avantage sur les Irlandaises après avoir remporté huit des onze derniers duels dans le 6 Nations. Mais les filles en vert avaient remporté le dernier match à Dublin...

Le fait de jouer à domicile a semble-t-il galvanisé les filles de Samuel Cherouk. Là encore, la stat parle d'elle-même : les Bleues ont remporté chacune de leurs 12 dernières rencontres à domicile dans le Tournoi, empêchant leurs adversaires d'inscrire le moindre point dans six matches. C'est exactement ainsi que la rencontre face à l'Irlande ce samedi 3 février au soir s'est déroulée sur le score de 24-0...

"Les Françaises ont réussi à éteindre les Irlandaises qui venaient défendre leurs chances..."

Laura Di Muzio

« Ca reste dans la logique des choses après la Coupe du Monde », acquiesce Laura Di Muzio, commentatrice de la rencontre pour France TV. « Je m'attendais à ce que les filles gagnent mais peut-être pas avec un tel écart, une telle différence sur le jeu.

« J'ai été impressionnée par la défense des Françaises. Elles ont réussi à éteindre les Irlandaises qui venaient défendre leurs chances. Elles avaient envie de faire un coup. Mais je n'ai pas eu l'impression que les Irlandaises étaient vraiment en capacité de déstabiliser les Françaises. Il y a eu quelques coups d'éclat, mais il y avait un niveau d'écart entre les deux. »

La surprise Bourdon

Selon Laura, marquer très vite – 6e minute par Cyrielle Banet – a été une bonne chose. Le doublé de Jade Le Pesq (25e et 74e), l'essai de Jessy Trémoulière (34e) et son jeu au pied ont fait le reste.

« J'ai aussi adoré Pauline Bourdon qui est une joueuse que j'ai plutôt l'habitude de jouer en numéro 9 », évoque Laura Di Muzio. « Je me demandais ce que ça allait pouvoir donner sur un match international en numéro 10 et j'ai été agréablement surprise. Je trouve qu'elle a réussi à animer la ligne d'attaque française, ce qui n'est pas facile quand tu commences le Tournoi en étant à un poste qui n'est pas ton poste de formation. Elle a alterné le pied, la main, a joué des coups pour elle... Vraiment elle a fait une superbe prestation.

« Marjorie Mayans aussi a été au four et au moulin. Elle a été présente en défense - à claquer deux ou trois caramels quand il le faut – mais aussi en touche où elle était la tour de contrôle. »

Points à améliorer

"Le score aurait pu être encore plus lourd. Il va falloir être plus précis sur les derniers gestes."

Laura Di Muzio

Face à ce tableau prometteur et encourageant, tout n'a pas été non plus parfait comme le soulignait d'ailleurs la manager Annick Hayraud juste après la rencontre. Des points négatifs ont été soulevés qu'il va falloir améliorer avant la fin du Tournoi et notamment le Crunch.

« Je ne dirais pas points négatifs, mais points à améliorer », nuance la joueuse de Lille. « Il va falloir réussir à être plus précises et rigoureuses pour affronter l'Angleterre. On a eu énormément de ballons et de possession, mais aussi pas mal de déchets techniques avec des actions qui n'ont pas été concrétisées. Le score aurait pu être encore plus lourd. Il va falloir être plus précis sur les derniers gestes. Sur des matches plus serrés, comme le crunch, il va falloir toutes les mettre au fond, ne rien laisser passer. »

Au classement mondial World Rugby, rien ne change : l'équipe de France féminine est toujours la troisième nation mondiale.