Une première participation à la Coupe du Monde de Rugby Féminin (en huit éditions) et voici un premier bilan à chaud un peu abrupte : cinq matches, cinq défaites et une dernière place pour la 23e nation mondiale, l'équipe la moins bien classée avant et après ce mondial. Et pourtant, elle n'a pas démérité !

« On ne se sent pas ridicules ; on est très fières de nos prestations. Nous n'avons jamais abandonné », souligne la Française Amélie Seure, troisième-ligne de l'équipe, qui a disputé 281 minutes de jeu au cours des trois semaines de tournoi. « On profite de chaque mini victoire : un turn-over, une percée, une relance… Toutes, dans l'équipe, nous sommes fières de notre investissement. Il faut régler certaines petites défaillances techniques, mais je pense qu'on n'a pas à rougir. » Une fraîcheur qui contraste avec d'autres grosse équipes. Mais Hong Kong sait d'où elle vient et sait également où elle veut aller.

Une identité trouvée

Au cours des cinq rencontres, l'équipe de Hong Kong a réussi à inscrire 27 points dont quatre essais (deux contre le Pays de Galles, un contre l'Espagne et un contre le Japon), deux transformations et une pénalité. Les 98-0 et 121-0 respectivement contre le Canada et la Nouvelle-Zélande étaient sévères bien qu'attendus. Mais Hong Kong a réussi à perturber les attaques du Pays de Galles (défaite 39-15), de l'Espagne (défaite 31-7) et du Japon (44-5), équipe contre laquelle les filles avaient pourtant pris la marée un mois avant à domicile.

Quelques joueuses sont clairement sorties du lot telles la jeune centre Kelsie Bouttle, la centre Natasha Olson-Thorne, la talonneur Karen So, la demi d'ouverture Rose Hopewell-Fong ou la demi de mêlée Jessica Ho.

« On a un peu trouvé notre identité auprès de la zone de contact. Nous sommes plus petites, donc on essaie d'utiliser ça à notre avantage dans les zones de ruck par exemple pour garder nos ballons », raconte Amélie Seure. « Contre l'Espagne, nous avons eu une série de 18 phases d'affilée alors qu'avant ça ne nous arrivait jamais. On progresse, on progresse. Mais au niveau de l'impact effectif, la ligne est difficile. Il faut qu'on travaille pour être plus efficace. On a 61 % de possession sur le match contre l'Espagne (mais 23% dans les dix dernières minutes, ndlr). Notre temps de réaction n'est peut-être pas si efficace et c'est là-dessus que nous devons travailler encore plus. Ça veut dire que nous sommes capables de jouer ballon en main. Même si on ne fait pas 20 mètres de percée, on avance. »

Amélie l'admet, le rythme Coupe du Monde est âpre : des matches tous les quatre jours où il faut tenir parfois plus de 80 minutes. « On voit la progression à chaque match. Ce qui est un peu frustrant c'est que dans les 20 dernières minutes on laisse passer un essai qui est évitable. Il faut tenir », dit-elle. Néanmoins, aucun gros bobo n'a été à déplorer, si ce n'est quelques protocoles commotions déclenchés (en préventif) ainsi qu'un pied cassé... à l'entraînement avant le début du tournoi !

Fierté

La petite nation du rugby (22 707 joueurs hommes et femmes recensés en 2016) a néanmoins montré un beau visage pendant les trois semaines de compétition. Avec l'Angleterre, l'Espagne et l'Italie, Hong Kong fait partie des équipes les plus disciplinées : un seul carton jaune en cinq rencontres. « Certes il y a l'aspect rugby et nous sommes une petite nation. Mais il y a la volonté de progresser ! Beaucoup de monde pensent qu'on ne devrait pas être là, mais nous avons une légitimité. Avant toute chose, il s'agit de montrer aux filles de Hong Kong que le rugby est un sport accessible pour elles et qu'il y a un avenir », assure la Française, naturalisée depuis et que l'on retrouve également dans l'équipe nationale à 7.

Dans cette mégalopole de 7 millions d'habitants, la nouvelle de la participation de l'équipe nationale s'est vite propagée et la presse s'est fait l'écho de la prestation des filles qui ont reçu beaucoup de messages d'encouragement.

« Notre objectif est de montrer que nous sommes là légitimement, d'être encore là dans quatre ans et d'encore plus progresser. Nous sommes très récentes en tant que nation de rugby et nous n'avons pas à rougir. C'est en étant confronté aux meilleures nations internationales qu'on progresse le plus. Si on arrive à inspirer toute cette nouvelle génération, ce sera gagné », clame Amélie Seure, reprenant ainsi le mot d'ordre de la coach Jo Hull qui n'a cessé de pousser son équipe vers le meilleur d'elle-même.