Ainsi se termine la huitième édition de la Coupe du Monde de Rugby Féminin : à la fin, c'est la Nouvelle-Zélande qui gagne. Comme en 2015 en Angleterre avec les hommes. Comme le matin de cette dernière journée de Coupe du Monde en Rugby Championship malgré la forte performance – une fois n'est pas coutume – des Wallabies. Et cette fois ce fût au tour des Black Ferns de batailler ferme après une première période inquiétante.

L'Angleterre a imposé son rythme dès le début de la rencontre, mais n'a rien pu faire face à la puissance de la Nouvelle-Zélande.

REVIVRE LA DERNIÈRE JOURNÉE

Un peu plus tôt, la France a prouvé qu'elle avait séché les larmes de sa non-qualification à la finale. La page était tournée. Cette « petite finale » contre les USA, elle ne la voulait pas. Mais elle s'en est contentée avec brio, remportant la médaille de bronze pour... la septième fois.

Si le Pays de Galles a sauvé son mondial en se qualifiant pour la prochaine édition de la Coupe du Monde en 2021, ce n'est pas le cas de l'Irlande dans un match qui l'a fait tomber encore plus bas. Ce mondial, au final, n'était pas le leur.

  • Finale : Angleterre 32 – 41 Nouvelle-Zélande

On retiendra les sourires des joueuses, les larmes de la capitaine de la Nouvelle-Zélande Fiao'o Faamausili pendant les hymnes (pour le dernier match de sa carrière), l'émotion de tout un stade en hommage à Sir Colin Meads, légende des All Blacks décédée quelques jours auparavant. Le haka, répété lors de l'entraînement deux jours avant, donnait le ton d'une rencontre où les Black Ferns ne lâcheraient rien.

Après un jeu d'occupation de la part des deux camps, la Néo-Zélandaise Victoria Nafatali tente une passe au pied à l'opposé pour Portia Woodman qui manque la réception ... mais pas Selica Winiata qui est dans son dos pour ramasser le cuir et filer le long de la ligne de touche à la _e minute de jeu. La transformation de Kendra Cocksedge passe sous la barre transversale (0-5). Alors qu'Emily Scarratt soigne une cheville douloureuse, le jeu reprend. Elle semble en forme et passe même une pénalité de 25 mètres face aux poteaux (3-5). Les Black Ferns encaissent les pénalités et les plaquages rudes jusqu'à ce que Sarah Goss ne se prenne un carton pour un plaquage un peu trop puissant. Les Black Ferns sont dominées territorialement. 15 % seulement du temps a été passé dans le camp anglais et 1 % dans les 22 mètres des Red Roses : le temps pour Winiata d'aller derrière la ligne d'essai ! Après une double poussée de la mêlée anglaise qui prend le dessus sur la Nouvelle-Zélande, la capitaine de l'Angleterre Sarah Hunter ne peut pas sortir le ballon mais l'arbitre de la rencontre, Joy Neville, accorde un essai de pénalité à la 25e (10-5). La double-peine pour les Black Ferns qui jouent à 14. Le récital se poursuit dans ce match qui semble à sens unique. Après avoir fixé la défense néo-zélandaise qui recule, Rachael Burford déchire la défense plein axe, vite suivie par Kay Wilson. Mise au sol, elle libère sa balle pour Katy Mclean qui saute sur la droite pour Lydia Thompson qui échappe à Renee Wickliffe et marque en coin à la demi-heure de jeu. Emily Scarratt passe sa transformation avec maestria (17-5). mais après une série de pick & go, Eloise Blackwell décide de ramasser le ballon à deux mètres de la ligne et, avant de percuter, elle passe au sol à Toka Natua qui aplatit acrobatiquement juste avant la pause. L'essai est validé par la vidéo (17-10). Rien n'est encore fait dans ce match lorsque sonne la pause.

De retour, les Anglaises maintiennent leur rythme, mais les Néo-Zélandaises égalisent cinq minutes après la reprise. Les Black Ferns tiennent le ballon et enchaînent les temps de jeu sans s'éloigner de l'axe. Le soutien est là, ça avance. Nafatali ne parvient pas à franchir la ligne mais Natua ramasse le ballon et passe en force (17-17). A une demi-heure de la fin de la rencontre, l'Angleterre parvient à se dégager du score par une pénalité réussie par Scarratt (20-17). Une faible avance. Après 14 temps de jeu, Smith vient poser le ballon sur la protection du poteau anglais et la Nouvelle-Zélande repasse devant (20-24). En retour, c'est Thompson qui parvient à marquer pour redonner l'avantage à l'Angleterre (25-24). Le match reprend de plus belle jusqu'à ce que la pilier Natua ne plonge dans l'en-but juste avant l'heure de jeu (25-31). Les Black Ferns tiennent le ballon. Woodman le ramasse avant d'éliminer d'un tchik-tchak Thompson. Elle ramène son équipe dans les 22 mètres. La Nouvelle-Zélande met la pression et Cocksedge marque un nouvel essai (25-36). La Nouvelle-Zélande domine cette deuxième période avec ce nouvel essai de Winiata à dix minutes de la fin de la rencontre (25-41). En cinq matches, c'est le 50e essai des Black Ferns. Malgré tout, les Red Roses remettent le couvert et Izzy Noel-Smith marque l'ultime essai de cette folle rencontre (32-41). Pour la cinquième fois, la Nouvelle-Zélande est championne du monde de rugby.

  • 3e place : USA 23 v 31 France

Ce n'était certainement pas un match facile qui s'annonçait à la fois pour l'équipe de France comme pour les USA. Après un parcours prometteur en poule – même si les USA se sont qualifiés in extremis en tant que meilleurs deuxièmes pour les demi-finales – les deux équipes jouaient gros.

Dès l'entame, les Américaines déploient leurs ailes, mettant une grosse pression sur les Françaises. Elles font circuler le ballon sans pour autant trouver d'intervalle. Les Bleues résistent, plaquant à tour de bras et arrivent à prendre le dessus en mêlée fermée. Un hors-jeu de Romane Ménager offre une pénalité qu'Alev Kelter va se faire un plaisir de taper (0-3). A la 21e minute, les Françaises prennent enfin possession de la balle et c'est Lénaïg Corson qui, servie par Carla Neisen lancée par Julie Annery, débloque le compteur, lancée à pleine vitesse, ne trouvant personne pour marquer à sa place, elle tend ses longs bras et aplatit dans le coin. Trop loin pour transformer (5-3). Les Bleues raffûtent, Annery s'approche de l'en-but, Amédée manque une pénalité. Personne n'arrive à marquer. Il faut attendre la 31e pour voir Neisen enchaîner deux feintes de passes pour enrhumer Kris Thomas. Neisen puis Annery sont reprises à deux mètres de la ligne. Duval bute sur les poteaux et c'est finalement Mayans qui, au large, aplatit le deuxième essai tricolore (12-3). Dès lors, on croit la machine bleue partie avec un troisième essai signée de la capitaine Gaëlle Mignot (19-3). Mais les Eagles ont du répondant notamment par Gustaitis qui arrive à réduire le score 19-10 juste avant la pause. Rien n'est encore joué.

Au retour, les USA prennent encore trois points (19-13) avant que Jade Le Pesq, lancée sur l'aile, parvienne à marquer in extremis avant d'être balayée par Kathryn Augustyn. L'essai est validé par la vidéo (24-13). Kelter sanctionne une fois encore les Bleues (24-16), mais les filles de Samuel Cherouk semblent montrer plus d'envie avec un incroyable essai en coin de Julie Annery après un mouvement entamé par Ménager et Corson. Caroline Drouin passe la transformation (31-16). Le match ne semble pas plié pour autant. Elodie Poublan tente de jouer au pied dans le dos de la défense. Sa passe est contrée... tout comme le dégagement de Cheta Emba qui atterrit avec beaucoup de réussite dans les bras de Kelter. La trois-quart centre remonte sur l'aile gauche et donne une offrande à Emba qui aplatit en coin (31-23). A dix minutes de la fin de la rencontre, les Aigles peuvent encore remonter. Mais les Bleues résistent et parviennent à arracher cette place sur le podium. La même depuis sept éditions.

  • 5e place : Australie 12 – 43 Canada

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Le Canada a produit une belle performance pour pénaliser une équipe d'Australie qui a eu, au total, trois joueuses bannies du match pour dix minutes chacunes.

Pourtant, l'Australie avait mieux démarrer que les Canadiennes avec 97% de possession de la balle pendant les neuf premières minutes de la rencontre. Sarah Riordan ouvre le score à la 4e minute (7-0). Les Wallaroos poussent encore, mais se font chipper la balle par la deuxième-ligne Cindy Nelles qui permet à Julianne Zussman de marquer pour le Canada qui égalise (7-7). L'Australie prend encore une longueur d'avance à la 20e par Liz Patu (12-7) avant qu'Amanda Thornborough n'équilibre encore le score sept minutes plus tard (12-12). Ce n'est qu'à la demi-heure de jeu que le Canada prend les choses en main, profitant de l'exclusion temporaire de Rebacca Clough. Elissa Alarie passe la ligne (12-19), puis vient le tour de Karen Paquin qui en remet une couche six minutes plus tard (12-24). Juste avant la pause, l'Australie est une fois encore pénalisée suite à une faute de Liz Patu qui sort dix minutes, ramenant l'Australie... à 13 joueuses. Mais le score reste inchangé.

Dès lors, les Australienne ne pourront plus rien montrer avec un nouveau carton sur Campbell passée l'heure de jeu qui permet encore aux filles de François Ratier – qui mettait avec ce match un terme à sa carrière d'entraîneur de l'équipe féminine du Canada – de passer encore deux essais (12-43). Le Canada termine à la cinquième place de cette Coupe du Monde.

  • 7e place : Irlande 17 – 27 Pays de Galles

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Le plus gros enjeu de cette rencontre n'était pas nécessairement de finir à la 7e place de la Coupe du Monde de Rugby Féminin 2017, mais bien de sécuriser sa qualification pour la prochaine édition de la Coupe du Monde en 2021.

Il n'aura pas été simple pour les Irlandaises de franchir la ligne adverse. Bloquées entre les 5 mètres et l'en-but, malgré une quinzaine de temps de jeu en début de rencontre, elles multiplient les pick and go pour mettre les Galloises à la faute. Finalement le pressing aura eu raison de la détermination des Irlandaises. Sur un maul lancé à cinq mètres, la capitaine Paula Fitzpatrick prend la balle et, dans l'élan de son pack, parvient à aplatir. Pour son 50e test, Nora Stapleton transforme (7-0). Incapables de marquer le moindre essai pendant plusieurs temps de jeu, les Galloises profitent d'une pénalité pour prendre trois points (7-3). Mais là encore, elles ne lâchent rien et campent dans le camp irlandais jusqu'à ce que la défense craque permettant au pilier Caryl Thomas d'inscrire le premier essai gallois (7-10). Le score reste ainsi jusqu'à la pause.

Au retour, le Pays de Galles va se faire encore plus dangereux, pilonnant sans relâche la défense. Amy Evans a bien une occasion, mais le ballon ne touche pas le sol. Nouvelle tentative à la 49e où la numéro 8 Sioned Harries parvient à aplatir (7-22). Quatre minutes plus tard, les Galloises repartent à l'attaque et c'est cette fois la capitaine Carys Phillips qui aplatit au sortir d'un maul (7-22). Nora Stapleton sort ; la situation n'est pas bonne pour l'Irlande pourtant portée par son public. A l'heure de jeu, coup dur pour le Pays de Galles avec l'exclusion d'Amy Evans pour un acte d'anti-jeu devant sa ligne d'essai. L'Irlande va en profiter. A la suite d'un lancer en touche, un maul va conduire Lindsay Peat dans l'en-but (12-22). Les deux équipes se répondent coup pour coup et c'est la nouvelle entrante galloise Shona Powell-Hugues, qui passe en force quatre minutes seulement après être entrée en jeu (12-27). A dix minutes de la fin de la rencontre, l'Irlande n'abdique pas et après une pénalité rapidement jouée à la main sur la ligne des 5 mètres, Jeamie Deacon décale Katie Fitzhenry qui marque en coin (17-27). Il reste cinq minutes à jouer et dix points à rattraper. L'Irlande y croit pourtant jusqu'à la dernière minute. Au coup de sifflet final, c'est officiel : le Pays de Galles est la 7e et dernière équipe à se qualifier automatiquement pour la prochaine édition du Mondial féminin en 2021. L'Irlande en revanche devra en passer par les barrages après ce mondial catastrophique.

  • 9e place : Espagne – Italie

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Deux rangs d'écart au classement mondial – l'Espagne 8e et l'Italie 10e – mais des forces égales sur le terrain du Queen's University pour cette rencontre jouant pour la 9e place, soit celle que l'Espagne occupait au terme de la précédente Coupe du Monde en France en 2014.

A la 16e, Patricia Garcia parvient à ouvrir le score en passant une première pénalité après une mêlée (0-3). A la 22e, nouvelle pénalité. Cette fois l'Italie prend un carton, mais Garcia manque les trois points. Qu'à cela ne tienne, deux minutes plus tard, la numéro 8 Angela Del Plan se saisit de la balle et parvient à passer la ligne. Décalée sur la droite des poteaux à 23 mètres, Garcia ne parvient pas à transformer (0-8).

A la reprise, les Azzurre se reprennent et vont progressivement prendre l'avantage. Après une séquence sous les poteaux espagnols, c'est l'ailière Michela Sillari qui va marquer en coin sur l'aile droite (5-8). On retrouve la même Sillari pour passer une pénalité de 37 mètres face aux perches. L'Italie revient à hauteur de l'Espagne (8-8). Menée 0-8, l'Italie a inversé la tendance. Voici les Transalpines en tête après un ballon qui a bien navigué jusqu'à Sofia Stefan sur l'aile gauche qui n'a plus qu'à conclure (15-8).

Soudainement, le jeu s'arrête. Coup dur pour l'Espagne qui voit sa capitaine Aroa Gonzalez quitter le terrain en pleurs. La légende des Leonas signe sans doute là la fin de sa carrière internationale. Mais alors qu'il ne reste plus que quelques secondes à jouer, les Espagnoles trouvent la faille grâce à Iera Echebarria. Sur son aile droite, dans son camp, l'ailière accélère, feinte le coup de pied par-dessus avant de, finalement, l'effectuer au-dessus de son adversaire direct. Le rebond est favorable pour l'ailière qui ramasse le ballon et rentre sa course pour conclure entre les poteaux (15-15). Fin du temps réglementaire. La rencontre bascule dans le temps additionnel (deux fois dix minutes) avec la victoire à la première équipe qui marque.

A ce jeu, l'Italie se révèlera plus réaliste. Chapeau bas à Echebarria qui parvient à stopper nette une attaque à quelques mètres de l'en-but, mais ne parvient pas à éjecter la capitaine Sara Barattin qui file à l'en-but. Le tableau d'affichage inscrit 20-15 pour l'Italie qui termine à la 9e place. L'Espagne est contrainte d'accepter la 10e.

  • 11e place : Japon 44 – 5 Hong Kong

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Premier match de la journée pour éviter une dernière place au classement. L'enjeu était notamment de montrer que Hong Kong avait bien progressé au contact des meilleures équipes au monde depuis quelques semaines. L'idée était aussi d'éviter une troisième lourde défaite face au Japon comme ça avait été le cas au mois de juin.

Pourtant, les Japonaises n'ont pas eu d'atermoiements en inscrivant deux essais dans le premier quart d'heure de jeu. D'abord par l'arrière Mayu Shimizu, puis par Honoka Tsutsumi (10-0). A quelques minutes de la pause, Kato creuse un peu plus l'écart après un cadrage débordement laissant de marbre la défense de Hong Kong. Peu en veine avec les coups de pied, Shimazu ne transforme toujours pas (15-0).

Trois minutes après la reprise, Shimizu inscrit son deuxième essai (20-0). L'équipe de Hong Kong ne désarme pas pour autant avec une belle percée de sa demi d'ouverture Rose Hopewell-Fong stoppée dans les 22 adverses. Le forcing finit par payer avec un regroupement sur la ligne des 22. Face à la situation, Karen So choisit de plonger. Pari gagnant puisque l'essai est accordé à la 53e minute (20-5). La réponse des Japonaises ne se fait pas attendre avec un premier essai de Sakurai à la 61e, puis de Tomita cinq minutes plus tard, cette fois transformé par Shimazu qui laisse sa place peu de temps après (32-5). Après de multiples temps de jeu, c'est Sakurai qui s'offre un doublé, bien poussée derrière la ligne par Ebuchi et Hyugaji (37-5). Il reste 20 secondes à jouer... suffisant pour un dernier essai. Les Japonaises relancent sur le coup d'envoi et après avoir balayé le terrain, Suzuki prend le ballon sur la ligne médiane, accélère, vire à l'extérieur et prend le périphérique pour planter en coin. La transformation passe et les Japonaises explosent de joie (44-5). C'est la deuxième victoire des Japonaises en Coupe du Monde de Rugby. Le Japon termine à la 11e place. Hong Kong repart bredouille. « On reviendra », promet la capitaine Chow Mei Nam.