L'Irlande est passée à côté de sa Coupe du Monde de Rugby. Incapable de marquer le moindre point pendant 80 minutes, l'équipe hôte de ce tournoi n'a réussi à transpercer le mur bleu du dernier match de la journée qu'après la sirène pour inscrire un essai pour l'honneur ; même pas transformé.

REVIVRE LA TROISIÈME JOURNÉE DES MATCHES DE POULE

A la place, c'est donc l'équipe de France qui termine en tête de la Poule C et qui prend son billet pour les demi-finales qui se joueront le mardi 22 août à Belfast. La France rencontrera l'Angleterre, vainqueur des USA et en tête de la Poule B. Mais grâce à leur grosse performance, les Américaines ont également pu se qualifier en tant que meilleures deuxièmes. Elles devront affronter une solide équipe de Nouvelle-Zélande qui s'est largement imposée sur le Canada lors du premier match de la journée.

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  • POULE A : CANADA 5 – 48 NOUVELLE-ZÉLANDE

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La férocité. C'est le mot qui pourrait résumer l'entame de cette rencontre et la pression mise dès les premières minutes dans le camp canadien. Jamais alors le Canada n'avait pu renverser les Black Ferns. Malgré leur engagement, les filles de François Ratier encaissent un premier but de Winiata après une belle percée de Portia Woodman (0-5). A la 16e, la main de Latoya Blackwood empêche les Néo-Zélandaises de marquer. Mais une minute plus tard, poussée par le reste de l'équipe, Aldora Itunu parvient à aplatir, malgré le pied de la pilier droit DaLeaka Menin qui traîne sur la ligne (0-12). A la 22e, nouvel essai en force des Black ponctué par la même Itunu (0-19)... exclue quelques minutes plus tard suite à un carton jaune pour plaquage haut. A la demi-heure de jeu, le point bonus est obtenu par un quatrième essai noir signé Waaka qui bénéficie d'un beau travail de la deuxième-ligne avec Blackwell et Smith (0-24). Et sur la sirène, alors que les Black Ferns sont de nouveau au complet, après une sortie de balle rapide et une transmission express de Cocksedge vers Nafatali, l'ouvreuse lance Brazier qui déchire la défense et marque en moyenne position (0-29). Le Canada n'a encore rien pu montrer.

Les Canadiennes entament légèrement mieux la deuxième période, mais ont vraiment du mal face à la puissance de feu des Néo-Zélandaises qui multiplient les phases de jeu. A la 50e, pour sa 50e sélection, la capitaine Fiao'o Faamausili s'offre un essai. Bloquées dans leur camp et profitant d'un nouveau carton sur une des Black Ferns, les Canadiennes s'emparent de la balle et mettent l'accélérateur. Par une multiplication de passes, Jacey Grusnick file à l'essai, juste derrière les poteaux. Mais ces premiers points canadiens ne sont pas récompensés par une transformation (5-36). La réponse noire arrive juste après : la puissante Nafatali arrive à créer une brèche dans la défense rouge et blanche, le ballon remonte la ligne et arrive dans les mains de Renee Wickliffe qui n'a plus qu'à aplatir (5-41). A dix minutes de la fin de la rencontre, Itunu, pilier de son état, réalise le triplé en marquant au ras (5-48) ; Itunu sera d'ailleurs élue Joueuse du Match. Les Canadiennes ont laissé s'échapper le point de bonus dans cette lourde et décevante défaite de la part d'une équipe qui nous avait habitué à bien mieux. La Nouvelle-Zélande se qualifie pour les demi-finales. Elle ne le sait pas encore, mais l'équipe jouera la meilleure deuxième qui est...

  • Poule A : Pays de Galles 39 – 15 Hong Kong

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Les galloises ne s'attendaient peut-être pas à une si forte opposition des Hongkongaises qui, il est vrai, n'avaient pas encore eu l'occasion de montrer ce qu'elles savaient faire en Coupe du Monde face au Canada puis à la Nouvelle-Zélande. Quelle n'a pas été la surprise du Pays de Galles de se voir mener 10-5 à la demi-heure de jeu grâce au tout premier essai de Hong Kong inscrit en Coupe du Monde de Rugby Féminin (par la centre Natasha Olson-Thorne) alors que Galles avait ouvert le score (par la numéro 8 Shona Powell-Hughes) au quart d'heure de jeu. Le carton jaune sur Siwan Lillicrap à la 24e semble avoir bénéficié aux Asiatiques. Néanmoins, les Galloises ont tenté de remonter et ont aplati tout juste à la 33e grâce à à l'ailière Jess Kavanagh-Williams qui, chassée, parvient à aplatir in extremis en bout d'en-but. Puis un troisième essai gallois (par l'ailière Jasmine Joyce) juste avant la pause donne de l'air aux Européennes qui ont eu chaud (17-10).

A la reprise, les Hongkongaises reviennent plus affamées que jamais et réalisent un deuxième essai historique ! Mak Ho Yee sert, quasiment à ras de terre, Chong Ka Yan qui peut aplatir avant le retour de la défense galloise (17-15). Les Galloises alors se ressaisissent. Un offload de Robyn Wilkins trouve l'arrière Jodie Evans avant que le ballon ne s'écrase dans l'enbut sous la pression de Jess Kavanagh-Williams (22-15). Quelques minutes plus tard, l'ailière court à l'essai après un effort personnel impressionnant... mais l'arbitre vidéo le refuse. Dès lors, les Galloises déroulent leur jeu. A la 5àe, sur une touche à l'entrée des 22 mètres, Williams trouve sa deuxième ligne qui remet à sa talonneur. Trop puissante et rapide, Williams peut se jeter près du poteau de coin pour aplatir (27-15). Carys Phillips rajoute un essai à l'heure de jeu, puis Sioned Harris dix minutes plus tard et enfin un deuxième à la 75e. Jusqu'au bout les filles de Jo Hull vont multiplier les phases de jeu pour tenter de se démarquer. Le chrno s'arrête sur le score : 39-15.

  • Poule B : Angleterre 47 – 26 USA

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Après un très bon jeu au pied de Katy Mclean, Emily Scarratt file à l'essai malgré Cheta Emba sur son dos. La septiste touche le ballon du bout des doigts avant d'être chassée par Emba. L'arbitre-vidéo valide (7-0). Au quart d'heure de jeu, les Anglaises poussent un ballon porté jusqu'à la ligne d'en-but. Le maul est très structuré et l'essai semble inévitable si ce n'est que l'Américaine Kathryn Augustyn l'écroule, pensant sauver son équipe. En fait, elle écope d'un carton jaune et l'Angleterre obtient un essai de pénalité (14-0). A ce moment de la rencontre, les Anglaises ont 75% de possession. Cinq minutes plus tard, bis repetita avec un gros travail du paquet d'avants anglais qui pousse avant d'aplatir sous la masse ce troisième essai de la rencontre (21-0). Telle un métronome, cette Angleterre ne change pas une équipe qui gagne. C'est encore un maul qui est à l'origine du deuxième essai de Marlie Packer transformé par Emily Scarratt (28-0). Les Américaines parviennent enfin à développer une offensive en lançant en bout de ligne Kris Thomas. L'ailière évite un premier plaquage mais tombe sur Scarratt et trois coéquipières qui se couchent dans leur en-but pour empêcher le ballon de toucher le sol. Derrière une mêlée à 5 mètres chahutée, Gray sort difficilement le ballon mais elle avance. C'est finalement au près que Zackary trouve la place pour glisser ses bras et aplatir dans l'en-but (28-7). Juste avant la pause, l'ouvreuse anglaise McIean n'est pas attaquée à 10 mètres de la ligne et, au lieu d'écarter, elle va seule sous les perches. Scarratt manque pour la première fois la transformation (33-7).

La seconde période commence très fort avec Amy Wilson-Hardy, trouvée par Scarratt en bout de ligne après une magnifique circulation du ballon, qui conclut en moyenne position sur la droite (40-7). Peu de temps après, l'Angleterre ressort la spécialité de la maison : un ballon porté. Sauf que cette fois, c'est Amy Cockayne qui porte la balle et aplatit (47-7). Loin de se laisser aller, les Américaines redoublent d'effort et c'est finalement l'arrière Cheta Emba qui parvient à conserver son équipe dans le match (47-12). A la 61e, à la faveur d'une relance en touche, Naya Elena Tapper fait parler ses longues jambes et déboule à pleine vitesse dans la défense anglaise pour inscrire rapidement un essai (le troisième de la rencontre) qui est transformé (47-19). Décidément, ces qualités athlétiques vont servir à cette équipe des USA qui peut légitimement prétendre à finir meilleure deuxième. Sur la sirène, nouveau jeu de jambes et course exceptionnelle de Kris Thomas qui traverse le terrain pour aller marquer le dernier essai (transformé !) de la rencontre (47-26). Les Anglaises sont qualifiées pour les demi-finales.

  • Poule B : Italie 8 – 22 Espagne

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Entre l'Italie et l'Espagne, la décision ne pouvait se faire qu'au pied. Après près de 20 minutes où les deux équipes ont enchaîné les temps forts devant la ligne adverse, c'est finalement l'ailière Michela Sillari qui a passé une pénalité en faveur des Italiennes pour offrir le premier avantage aux Transalpines (3-0). Après un autre long temps fort, l'Espagne obtient une pénalité sur la gauche des perches. À l'aise dans le jeu, Patricia Garcia l'est aussi dans l'exercice face aux poteaux et remet les deux formations dos à dos (3-3) à la pause.

Au retour des vestiaires, ce sont les Leonas qui vont prendre les choses en main en inscrivant pas moins de trois essais. Le premier est signé Anne Fernandez de Corres qui, bien servie par ses coéquipières, évite un plaquage et file entre les poteaux (3-10). Le deuxième essai est signé Iera Echebarria qui cette fois rentre sa course pour surprendre le dernier rideau italien et piège les deux derniers défenseurs qui ne peuvent rien (3-17). Enfin, le troisième essai est dû à Marina Bravo grâce notamment à un travail d'Echebarria et Patricia Garcia qui a marqué deux transformations et une pénalité. Elle est élue joueuse du match. L'Espagne a remporté son premier match de cette huitième édition et termine troisième de la Poule B (8-22).

  • Poule C : Australie 29 – 15 Japon

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Le Japon a une fois de plus prouvé son acharnement à ne pas laisser passer les opportunités. Menées 19-0 juste avant la pause – il faut notamment ici saluer l'essai de 75mètres de Mahalia Murphy, mais aussi la réalisation de Samatha Treherne et de Grace Hamilton – les Japonaises se sont accrochées et n'ont rien lâché. Alors que le chronomètre égrène les secondes, les phases de jeu se multiplient sur la ligne d'en-but. Et ce n'est qu'au bout de la 24e, sans la moindre faute des Sakuras XV que Minami arrive à concrétiser les efforts de toute une équipe juste sous les poteaux (19-5). On passera le piètre raté de Mayu Shimazu qui manque la transformation...

Mais au retour des vestiaires, ce sont toujours les Japonaises qui tiennent les rênes. Riho Kurogi marque à la 52e (19-10), puis la numéro 8 Maki Takano à l'heure de jeu après arbitrage vidéo (19-15). A quatre longueurs des Australiennes, le Japon sent sa victoire probable. Mais à la 6-e, Nareta Marsters, la surpuissante ailière australienne, hérite d'une belle action faite dans l'axe. Sans opposition, elle est aussi rapide que puissante et termine le travail en inscrivant son deuxième essai du match (24-15). Un ultime essai de Samantha Treherne à la 72e creuse encore plus l'écart avec les Japonaises (29-15). Arrivées à la fin du match, on sent les Australiennes à bout physiquement, tout comme leurs adversaires du jour. L'Australie a assuré le minimum : reemporter sa première victoire en match de poule.

  • Poule C : France 21 – 5 Irlande

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Près de 2 500 personnes massées à l'UCD Bowl de Dublin attendaient avec impatience cette rencontre qui allait décidé du sort de l'Irlande, malmenée et en difficulté depuis le début de ce tournoi.

A 31 mètres, Montserrat Amédée manque une première pénalité à la 4e minute. Trois minutes plus tard, l'équipe compte sur la puissance de Romane Ménager (malgré quatre défenseurs sur son dos!) pour ouvrir la marque. Un essai transformé par Amédée (7-0). A la 13e, nouvelle attaque, cette fois par Caroline Ladagnous avec Shannon Izar qui transforme (14-0). Le jeu des Françaises s'accélèrent, baladant les Irlandaises d'un côté et de l'autre du terrain, obligeant à plaquer sans relâche. Au quart d'heure de jeu, la France affiche un taux de possession du ballon de 94%. Quand elles se saisissent de la balle, les Irlandaises multiplient les temps de jeu, mais ne parviennent pas à se frayer un chemin à travers la défense tricolore. A la 28e, la France lance une attaque faite de percutions (Safi N'Diaye), de passes, de chistera (Elodie Poublan), de percées (Corson) et de franchissements (Julie Duval) jusqu'à ce que Caroline Ladagnous aplatisse à nouveau (21-0). Lors de cette première période, l'Irlande a néanmoins pu remettre un peu la main sur le ballon (44% de possession). « Il faut être plus réaliste notamment en défense. Il faut accélerer pour apporter un peu plus de soutien au porteur de balle », encourageait l'entraîneur Samuel Cherouk à la pause.

Les premières minutes de la deuxième période sont irlandaises. Les coéquipières de Murphy prennent d'assaut la ligne d'essai française. Elles jouent au ras mais ne trouvent pas d'espace. Elle récupèrent tout de même une pénalité suite à une faute de Lenaïg Corson qui est exclue pendant dix minutes. Les Irlandaises, en supériorité numérique, optent pour la mêlée pour cibler la sortie de la deuxième-ligne Corson. C'est Elodie Poublan, la centre, qui vient dépanner au milieu des avants. Les Irlandaises perdent le ballon sur un en-avant et concèdent même une pénalité sur la mêlée suivante. Lorsque Corson revient, les Irlandaises n'ont pu profiter de leur avantage. Juste avant l'heure de jeu, une magnifique séquence voit les Irlandaises multiplier les phases de jeu. 24 phases au total entre deux et trois mètres de l'en-but tricolore. La défense française plie parfois mais ne rompt jamais, repoussant les assauts, se réorganisant, jusqu'à ce que le ballon soit bloqué. La possession de balle est clairement irlandaise (61% en fin de rencontre), à l'exact opposé de la première période. Mais comme pour récompenser les efforts des Irlandaises qui se seront lancées sans relâche sur le mur bleu, juste après la sirène, la talonneur Moloney profite du travail de sape de ses coéquipières pour aplatir sur la ligne après une énième percussion au ras (5-21). L'essai n'est pas transformé, mais l'honneur est sauf.